Description

Le 12 mars derniers se sont déroulés les conférences de la Recherche sur le thème :

“Santé des écosystèmes et des populations polynésiennes dans le contexte des changements locaux et globaux”

Dans ce cadre là, Guillaume MITTA ainsi que Loïs Bastide, Van-Mai Cao-Lormeau, Guillaume Molle, Jacques Vernaudon et Jean Wencélius ont présenté la thématique dans un texte à 6 voix :

” La Polynésie française forme une vaste « mer d’îles » : 118 îles et atolls d’origine volcanique répartis sur plus de 4,5 millions de km², pour seulement 3 726 km² de terres émergées. Le territoire présente des régimes climatiques variés et une population d’environ 280 000 habitants répartie sur 72 îles, dont une cinquantaine sont desservies par voies aériennes depuis Tahiti.

La faible superficie terrestre, la biodiversité terrestre limitée, la tolérance restreinte de certaines espèces au stress thermique (notamment les coraux constructeurs de récif), et la forte sensibilité des littoraux et lagons aux pressions terrestres rendent les écosystèmes polynésiens particulièrement fragiles. A l’ère de l’anthropocène, les pressions s’intensifient et peuvent conduire à des points de bascule. Alors que le changement climatique et son lot d’événements extrêmes (pluies torrentielles, vagues de chaleur marine, fortes houles) s’accélèrent, des changements plus localisés, imposés au milieu par l’activité anthropique (urbanisation, développement des activités agricoles et aquacoles, introduction d’espèces exotiques envahissantes), sont également à l’œuvre.

L’occupation humaine, initiée il y a environ un millénaire puis transformée par les contacts et la colonisation européenne depuis le XVIIIe siècle, a progressivement modifié ces milieux. Depuis le milieu du XXe siècle, l’accélération des transformations — essais nucléaires, forte croissance démographique et urbanisation (la zone urbanisée de Tahiti est passée d’environ 22 000 à 196 000 habitants entre les années 1950 et le début des années 2020), insertion dans l’économie de marché, essor touristique et mondialisation — a profondément perturbé les équilibres écologiques, sociaux et culturels.

Ces évolutions compromettent la santé des écosystèmes dont dépendent les populations — pour leurs ressources, les services fournis et la valeur patrimoniale et culturelle. Elles affectent aussi directement la santé humaine : transformations des régimes alimentaires et des modes de vie ont favorisé l’augmentation des maladies non transmissibles (obésité, diabète, maladies cardiovasculaires) et accru la dépendance aux importations, fragilisant la résilience alimentaire et économique. Par ailleurs, la dégradation environnementale, l’artificialisation des milieux et la densification territoriale renforcent les risques sanitaires (arboviroses, ciguatera) et les épizooties (exemple des épizooties aviaires), tout en favorisant les conditions d’émergence de zoonoses et les vulnérabilités mises en relief par la pandémie de COVID‑19.

Dans ce contexte, il est urgent de renforcer la capacité d’adaptation des socio‑écosystèmes polynésiens et de réduire les pressions locales : identifier vulnérabilités et leviers de résilience, co‑construire trajectoires adaptatives, protéger et restaurer les écosystèmes, améliorer l’autonomie et sécuriser les ressources en matière d’alimentation, diminuer les risques sanitaires et réduire les inégalités territoriales et sociales. Les acteurs de la recherche en Polynésie française se mobilisent pour mieux comprendre, anticiper et atténuer ces impacts afin d’accompagner les transitions vers des modèles plus résilients et durables. Les Conférences de la Recherche 2026 visent à présenter et discuter des travaux portant sur ces enjeux. “

Retrouvez les présentations des conférenciers